Architecte-archéologue, Aurélie Terrier développe depuis plus de vingt ans une expertise singulière à l'interface de l'archéologie du bâti, du patrimoine numérique et de l'histoire des environnements construits anciens. Ses recherches portent sur l'architecture antique et médiévale, l'archéologie du bâti, le remploi des matériaux de construction, les problématiques liées au chantier de construction, les nouvelles technologies et humanités numériques, ainsi que la mise en valeur et la restauration du patrimoine. Formée à l'architecture à la Haute École des Arts Décoratifs de Genève, elle s'est ensuite spécialisée en égyptologie et en archéologie classique et médiévale à l'Université de Genève, combinant tout au long de sa trajectoire pratique professionnelle, recherche académique et enseignement. Depuis 2005, elle collabore à de nombreuses missions archéologiques au Mali, en Syrie, en Suisse, en Italie, en Égypte et en Grèce.
Sa carrière de chercheure a débuté par une thèse de doctorat consacrée au complexe castral médiéval d'Akerentia en Calabre (Italie), première étude architecturale et archéologique systématique de ce site, conduite dans le cadre d'une collaboration internationale réunissant des institutions suisses, françaises et italiennes. Financée par une bourse Doc.CH du FNS, cette recherche a posé les fondements de son approche méthodologique, articulant protocoles d'acquisition à grande échelle, notamment photogrammétrie, scanner laser et géoradar, avec fouilles archéologiques et analyse stratigraphique rigoureuse.
Depuis 2019, elle dirige l'étude architecturale et archéologique du temple gréco-romain de Kom Ombo en Haute-Égypte, l'un des cinq plus grands sanctuaires de la période gréco-romaine, qui n'avait jusqu'alors jamais fait l'objet d'une telle étude. Travaillant sous l'autorité du Ministère des Antiquités égyptiennes et en collaboration avec une équipe internationale et interdisciplinaire, elle a développé des protocoles d'acquisition innovants à grande échelle et initié le premier écosystème numérique intégré pour ce site exceptionnel. Ces recherches ont été successivement soutenues par une bourse Early Postdoc.Mobility du FNS au CNRS IRAA (2019-2022) et une bourse Ambizione du FNS au Laboratoire LAPIS de l'EPFL (2023-2027).
En parallèle, elle développe depuis 2020 l'étude de la Maison de Fourni sur l'île de Délos en Grèce, en collaboration avec Hélène Wurmser (Université Lyon 2/CNRS IRAA) et l'École Française d'Athènes, au sein d'un projet collectif réunissant des spécialistes en architecture, archéologie, numismatique et mosaïque. Cette recherche constitue le point de départ d'une étude plus large du Quartier Nord de Délos, pour lequel elle contribuera à la création du premier écosystème numérique 3D/4D jamais appliqué à ce site.
Ses recherches actuelles s'inscrivent dans le développement d'un projet de plus grande envergure, visant à établir un cadre méthodologique novateur et transférable pour la documentation, l'analyse et la valorisation du patrimoine bâti ancien, combinant méthodes traditionnelles et technologies numériques au sein d'écosystèmes numériques 3D/4D intégrés. Au-delà de leurs dimensions techniques, ces écosystèmes constituent une contribution épistémologique originale, en formalisant la subjectivité inhérente à l'interprétation archéologique et en rendant visible la pluralité des regards disciplinaires portés sur un même objet d'étude.
Engagée dans la formation de la prochaine génération de chercheurs, elle enseigne depuis 2010 dans divers instituts et universités, notamment le CFPC, l'EBAG, l'Université de Genève et l'Université Lyon 2, des matières en lien avec l'archéologie du bâti, l'architecture ancienne et les outils appliqués à l'archéologie. Depuis 2023, elle enseigne l'archéologie du bâti aux étudiants de master en architecture à l'EPFL et depuis 2024 elle participe à l'élaboration de la semaine ENAC sur le thème de la Forma Urbis, programme de terrain interdisciplinaire alliant archéologie, anthropologie et construction. Elle supervise également des travaux de master d'étudiants issus de disciplines variées, notamment en égyptologie, architecture et ingénierie, leur offrant la possibilité de développer une expertise à l'interface de ces domaines dans le cadre de projets de recherche concrets sur le terrain. Elle propose systématiquement des stages sur ses chantiers archéologiques et a co-organisé en avril 2026 un atelier doctoral international sur les pratiques numériques en archéologie à l'École Française de Rome, initiative destinée à être reconduite tous les deux ans dans différentes institutions du bassin méditerranéen. Elle publie régulièrement dans des revues scientifiques à comité de lecture et participe activement à des colloques nationaux et internationaux.