Florence Graezer Bideau

EPFL ENAC IA SCI-ENAC-FGB
CM 2 270 (Centre Midi)
Station 10
1015 Lausanne

Expertise

Anthropologie du patrimoine
Anthropologie urbaine
Patrimoine culturel immatériel (Convention UNESCO 2003)
Gouvernance et politiques du patrimoine (Suisse, Chine, Malaisie, Singapour)
Mémoire et transformations urbaines
Créativité, culture populaire et politiques culturelles
Techniques et technologies du patrimoine et transmission des savoirs
Méthodes ethnographiques et enquête de terrain comparatif (Europe–Asie)

Professeure titulaire au Collège des Humanités et à la Section d'Architecture, EPFL
Directrice du Groupe de recherche Patrimoine, Anthropologie et Techniques, EPFL
Docteure en histoire et civilisation (EHESS, Paris)
Directrice du Minor in Area and Cultural Studies (MACS) entre 2012 et 2016
Professeure invitée au Département d'Architecture et de Design, Politecnico di Torino entre 2015 et 2021
Chercheuse associée au China Room Research Group et South China-Torino Collaboration Lab, Politecnico di Torino
Membre associée au Laboratoire d'anthropologie culturelle et sociale (LACS) de l'Université de Lausanne
Membre de la Commission de l'Ecole doctorale d'architecture et science de la ville (EDAR) de l'EPFL
Co-responsable du Comité de Recherche Héritage et Patrimoine de l'Association Internationale des Sociologues de Langue Française (AIFSL)

Florence Graezer Bideau est anthropologue, sinologue et docteur en histoire et civilisation depuis 2005. Avant de rejoindre le Centre for Area and Cultural Studies (CACS) de l'EPFL en 2010, elle a été maître assistante en anthropologie à l'Université de Lausanne où elle a enseigné dans les domaines de la théorie culturelle et de la méthodologie d'enquête de terrain. Directrice adjointe, puis Directrice du CACS entre 2012 et 2014, elle est maître d'enseignement et de recherche au sein du Collège des Humanités de l'EPFL et enseigne dans le domaine des area studies, de l'anthropologie de la Chine, des critical heritage studies et des études urbaines. Entre 2012 et 2016, elle a été directrice du Minor in Area and Cultural Studies. Depuis 2015, elle est membre de la commission de l'École doctorale d'architecture et sciences de la ville (EDAR) de la Faculté de l'environnement naturel, architectural et construit (ENAC) de l'EPFL. Professeure invitée au Département d'architecture et de Design, Politecnico di Torino, Italie, entre 2015 et 2021, ses domaines d'expertise comprennent l'anthropologie de la Chine, la sociologie urbaine, les modes de sociabilité et la gouvernementalité.

Ses intérêts de recherche portent sur les liens entre la culture et le pouvoir (construction de la politique culturelle en Chine ; émergence des communautés de makers (makerspaces) et politique d'innovation en Chine), sur les questions patrimoniales (processus de patrimonialisation et du multiculturalisme en Malaisie et à Singapour ; mise en œuvre de la Convention de l'UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Suisse), ainsi que sur la fabrication de la ville (notion de paysage historique urbain dans les politiques patrimoniales à Pékin, Rome et Mexico City ; résistances informelles face à la violence de l'urbanisme à Caracas, Chennai et Guangzhou ; construction d'habitats autonomes à la suite de situations catastrophiques en Inde, au Liban et en Malaisie ; usages des espaces publics dans les nouvelles villes chinoises).

Prix et distinctions

Best Teaching Award

College of Humanities

2022

Koos Bosma Prize in Planning History Innovation

International Planning History Society (IPHS)

2022

Recherche

culture et pouvoir

- Makerspaces : politiques et communautés d'innovation en Chine contemporaine (2016-2019)
Financé par le FNS, le projet est dirigé par Dr. Florence Graezer Bideau en collaboration avec Dr. Marc Laperrouza, Monique Bolli et Clément Renaud (Iags, EPFL). Il étudie les caractéristiques sociales, techniques et commerciales des principaux makerspaces chinois ainsi que leurs communautés dans trois villes chinoises (Beijing, Shanghai et Shenzhen). Bien que limités dans leur taille et portée, les makerspaces et le mouvement maker en général offre un riche environnement pour étudier plus largement les transformations sociales, politiques et économiques qui s'opèrent en Chine contemporaine. Le projet cherche à éclairer la manière dont un mouvement de la base et autonome répond à la cooptation de l'Etat et examine la plasticité du gouvernement chinois ainsi que sa capacité à établir des rapports constructifs avec les classes émergeantes.
- Construction de la politique culturelle en Chine (1995-2005)
Financé par plusieurs institutions (Bourse de mobilité entre les universités de Lausanne et de Pékin, Bourse d'Etat de l'Office central universitaire suisse, puis FNS), ce projet de recherche doctorale s'est développé en Chine (Institut de Sociologie et d'Anthropologie, Université de Pékin ; Institut de Sociologie, Académie des Sciences Sociales de Chine (CASS), Pékin), en Australie (Research School of Pacific and Asian Studies, ANU, Canberra) et en France (Centre Chine (CECMC), EHESS, Paris). La construction de la politique culturelle chinoise a été au cœur de mes recherches doctorales menées entre Pékin et la Province du Shaanxi entre 1995 et 2000. Elle a été abordée à travers l'étude détaillée de la pratique du yangge, ancienne danse populaire rituelle, interdite durant la Révolution culturelle et aujourd'hui à nouveau pratiquée dans le contexte des Réformes. La pratique du yangge m'a permise de réfléchir sur les enjeux de la notion de culture populaire dans la Chine du XXe siècle et d'analyser le processus de sélection et de catégorisation d'éléments culturels qui rendront possible la construction d'une politique culturelle à l'échelle nationale. Centrale pour ma formation d'anthropologue et de sinologue, cette recherche sur la mise en place des politiques culturelles et l'usage de la culture populaire ont constitué des points de départ pour mes recherches actuelles autour des processus de patrimonialisation et de la fabrication de la ville sur plusieurs niveaux, national et international.

patrimoine

- Mémoire et ville: évaluation d'outils pour la recherche et l'enseignement interdisciplinaire (2016-2018)
Financé par la Compagnia San Paolo et le Politecnico di Torino, ce projet est dirigé par Pr.Filippo De Pieri et Dr. Florence Graezer Bideau en collaboration avec Prof. Alessandro Armando et Dr. Davide Vero (DAD au PoliTo) et
Dr. Yves Pedrazzini, Prof. Nicola Braghieri, Dr. Lesslie Herrera et Lucia Bordone (Lasur, Lapis et IAGS à l'EPFL). La recherche vise à évaluer et à expérimenter des outils de recherche pour l'étude des relations entre la mémoire collective, l'espace urbain et le design dans les villes contemporaines. Il s'appuie sur des expériences empiriques et collaboratives antérieures entre le PoliTo et l'EPFL dans l'étude des mémoires collectives urbaines. En scrutant les deux villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle inscrites conjointement sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2009, le projet vise à répondre au besoin largement ressenti d'élaborer des pistes de recherche innovantes concernant la méthodologie et les objectifs de la recherche sur la mémoire urbaine. Les études sur la mémoire ont gagné une présence croissante dans les activités de recherche et d'enseignement des écoles techniques européennes, parallèlement au rôle croissant joué par le patrimoine matériel et immatériel dans les processus de transformation urbaine/architecturale. Le projet explore la manière dont les études de la mémoire peuvent représenter un défi et une opportunité pour la recherche et l'enseignement "polytechnique", en établissant des liens entre différents domaines de connaissance tels que la conception architecturale, l'histoire urbaine, la sociologie et l'anthropologie, les études visuelles, la cartographie.
- Mapping controversial memories in the historic urban landscape : a multidisciplinaire study of Beijing, Mexico City and Rome (2015-2017)
Financé par le SNIS, le projet est dirigé par Dr. Florence Graezer Bideau en collaboration avec Dr Yves Pedrazzin, Lesslie Herrera, Lucia Bordone (EPFL) ainsi que chercheurs à la HES-Sierre, Chinese Academy of Cultural Heritage à Beijing, Universidad Autonoma Metropolitana &Iztapalapa à Mexico City, Politecnico Torino, Tsinghua University, Roma 2 et Roma 3). Le projet vise à produire une étude comparative et multidisciplinaire sur l'impact de la Recommandation de l'UNESCO sur le paysage historique urbain (RHUL 2011) qui cherche à intégrer la conservation et le développement dans les politiques urbaines. Il aborde trois questions dans les villes de Beijing, Mexico City et Rome :
1) Quelles sont les références mémorielles mobilisées par les acteurs locaux dans leur paysage historique urbain ?
2) Dans quelle mesure la perception de la mémoire collective se superpose-t-elle avec la mise en œuvre des politiques locales de préservation du patrimoine ?
3) Quel est le potentiel de la Recommandation sur les paysages urbains historiques pour la reconnaissance des mémoires plurielles qui sous-tendent l'attachement des personnes au territoire ? Le projet entend contribuer à une meilleure compréhension des dynamiques de ce qu'on appelle la mémoire collective et des controverses qui émergent dans ces villes historiques. A cet effet, la recherche examine les usages ordinaires du patrimoine, les normes et régulations officielles ainsi que les controverses produites par l'observation de la différence entre les discours et les pratiques à diverses échelles d'analyse : locale, nationale et internationale.
- Mise en œuvre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Suisse: une ethnographie de l'administration culturelle dans un contexte fédéraliste (2009-2012, 2012-2014)
Financé par le FNS (Projets Sinergia « Intangible Cultural Heritage : the Midas Touch ? », puis « Intangible Cultural Heritage: Whispered Words », dirigés par la Prof. Ellen Hertz, Université de Neuchâtel), ce projet a suivit la mise en œuvre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Suisse ratifiée par la Confédération en 2008. Basé sur une méthode ethnographique complétée par une maîtrise approfondie des documents et des décisions politiques pertinents, ce projet avait pour objectif de découvrir comment cette nouvelle politique culturelle internationale était mise en œuvre en Suisse et quels effets elle avait produit sur les conceptions suisses et sur les mobilisations autour des formes culturelles locales, régionales et nationales. En étudiant le processus de l'inventaire du patrimoine culturel immatériel sur plusieurs niveaux (local, cantonal, fédéral et international), avec une attention particulière sur les moments de définitions et de sélections (critères de sélection, modes d'emploi, expertise externe, référence à la société civile), ce projet a permis de jeter une lumière nouvelle sur la nature de la relation entre l'état et la société dans le domaine de la culture, la marchandisation ou la réification des expressions culturelles et de la tradition, l'émergence de nouvelles formes de nationalisme liées à la folklorisation. Adoptant une approche comparative relativement large, ce projet a non seulement éclairé sous un angle nouveau le patrimoine culturel immatériel et les spécificités de la politique culturelle en Suisse, mais a aussi interrogé de manière plus globale les effets des Conventions de l'UNESCO sur les politiques culturelles à travers le monde.
Voir http://www2.unine.ch/webdav/site/ethno/shared/documents/recherches/presse-midas-Hertz.pdf
- Multiculturalisme, cosmopolitisme et fabrication du patrimoine en Malaisie : une perspective depuis le Détroit de Malacca (2006-2011)
Financé par l'Université de Lausanne (Fonds de recherche du Décanat SSP), ce projet a été mené en collaboration avec le Prof. Mondher Kilani (Laboratoire d'anthropologie culturelle et sociale, Université de Lausanne) entre 2006 et 2011 et a débuté dans le cadre d'un programme postgrade d'anthropologie culturelle et sociale des universités romandes (CUSO). Le projet de recherche s'inscrivait dans une réflexion autour du multiculturalisme et du cosmopolitisme en Malaisie. Il s'articulait autour de la perception et de la représentation du patrimoine culturel matériel et immatériel des trois principales communautés de la Fédération (malaise, chinoise et indienne) à partir d'une série d'études de cas à George Town (île de Penang), à Melaka, Kuala Lumpur ou Singapour. L'analyse comparative de ces processus de patrimonialisation différenciés a mis en exergue divers enjeux politiques, économiques, sociaux, religieux et culturels liés à cette nation « arc-en-ciel » tout en interrogeant certaines apories du discours universaliste de l'UNESCO (contradictions entre la culture matérielle et la culture immatérielle, marchandisation de la culture vivante, conséquences de la gentrification, etc.)

fabrication de la ville

- Villes hybrides : résistances informelles face à la violence de l'urbanisme au Venezuela, Inde et Chine (2016-2019)
Financé par le FNS, le projet est dirigé par Dr. Yves Pedrazzini (Lasur, EPFL) en collaboration avec Dr. Florence Graezer Bideau, Salomé Houllier et Caroline Iorio (EPFL) ainsi que des chercheurs au Politecnico di Torino, Anna University de Chennai, Instituto de Estudios Avanzados and Fundación Caracas et la South China University of Technology à Guangzhou. L'urbanisme contemporain comme science et idéologie induit une violence de l'urbanisation qui s'exerce au nom d'une planification formelle de l'espace sur les quartiers informels. Ceux-ci résistent, recourant souvent à leur tour à la violence de leur effacement programmé. Dans certains cas significatifs pour la recherche urbaine comme pour l'action politique, cette confrontation dépasse la dualité entre formalité et informalité. Assemblant deux figures de la ville moderne, l'une informelle & le bidonville & l'autre formelle & le gratte-ciel &, cette confrontation produit les hybrides, proposant dès lors les termes d'un nouvel urbanisme : les villes se construisent désormais par hybridation architecturale, urbanistique et territoriale. Ce processus permet d'aborder de manière novatrice et critique les modèles modernes d'urbanisation formels et qui semblent s'acharner contre les habitants des quartiers informels, engendrant des mouvements de résistance. Ces modalités varient fortement selon les contextes géopolitiques et c'est la raison pour laquelle nous travaillerons simultanément dans trois grandes régions urbaines & Chennai en Inde, Guangzhou en Chine et Caracas au Vénézuela & en les considérant comme des expressions distinctes d'un processus à la fois général et complexe, celui par lequel luttes sociales et problèmes urbains se lient de façon étroite en développant de nouvelles contradictions qui prennent place au cœur de la vie urbaine.
- Chinese New TOwns: negotiating citizenship and physical form (2015-2017)
Financé par le Politecnico di Torino, le projet CeNTO est dirigé par le Prof. Michele Bonino (Département d'Architecture et Design). Il examine la construction de la « troisième génération » de nouvelles villes chinoises qui accueillera 300 millions de Chinois ruraux qui vont s'installer dans les zones urbaines dans les 20 prochaines années. Conditionnée par un certain nombre de nouveaux mots-clés promus par le gouvernement chinois tels que « innovation », « durabilité », « croissance inclusive », cette recherche étudie comment les formes physiques peuvent révéler des processus expérimentaux de négociation de la citoyenneté et de l'identité sociale à travers le prisme de l'architecture et de l'aménagement urbain. Ce projet cherche également à explorer comment les nouvelles villes chinoises s'approprient des modèles urbains issus de différents contextes.

Enseignement et PhD

Doctorant·es actuel·les

Anne-Laure Franchette

A dirigé les thèses EPFL de

Monique Bolli, Lucia Bordone, Roux Héléna, Mengke Zhang

A co-dirigé les thèses EPFL de

Maryam Jafarbegloo, Salomé Clémentine Houllier-Binder, Caroline Iorio

Cours

Anthropologie de l'urbain

HUM-379

Cet enseignement aborde les approches conceptuelles de l'anthropologie urbaine, ainsi que les méthodes et les expériences de terrain. En 2025-2026, il participe au projet 'A Future for Whose Past?' consacré aux patrimoines matériels et immatériels des communautés minorisées, initié par l'ETHZ.

Forma urbis

PENS-236

Certaines villes anciennes sont des ruines, alors que d'autres évoluent, intégrant leur histoire au tissu urbain. Ces transformations créent des palimpsestes architecturaux, faisant de la ville un monument vivant où passé et présent coexistent, révélant des histoires captivantes à chaque coin de rue

Montreux Jazz Memories: patrimoine & numérisation I

HUM-468

Dans le cadre du Montreux Jazz Digital Project, ce cours propose de créer et de publier des podcasts (FR/ENG) à partir d'interviews sur les coulisses du festival. Il vise à développer des connaissances critiques et pratiques dans les dynamiques de numérisation et de valorisation du patrimoine.

Montreux Jazz Memories: patrimoine & numérisation II

HUM-469

Dans le cadre du Montreux Jazz Digital Project, ce cours propose de créer et de publier des podcasts (FR/ENG) à partir d'interviews sur les coulisses du festival. Il vise à développer des connaissances critiques et pratiques dans les dynamiques de numérisation et de valorisation du patrimoine.

Science and technology in urban transformation

URB-407

Les villes sont des systèmes complexes façonnés par des facteurs naturels, technologiques et sociaux enracinés dans l'histoire. À travers des études de cas globales, ce cours explorera comment les sciences et les techniques transforment les villes en objets de connaissance et d'intervention.